Payday Loans

Archive for the ‘interview’ Category

JOE SIMON : Je ne chante plus pour Satan

Monday, September 29th, 2008

SOUL CORNER était comme chaque année à Porretta. Nous devons être le seul média français à avoir interviewé l’icone soul des années 70 qui depuis à trouver une nouvelle légitimité.
il ne nous appartient pas de juger ses engagements. le lecteur se fera sa propre opinion en lisant ses avis et opinions dont certains sont pour le moins qu’on puisse dire sujets à contreverse.

SC:
Avant de devenir évêque vous avez été un chanteur Soul à succès dans les années 70
JS :
J’ai, en effet, eu beaucoup de titres qui furent des succès. Je n’en citerai que quelques uns « Drowning in the sea of love, The choking kind, Misty Blue”.
SC:
Vous avez aussi enregistré un album country
JS :
Oui, je suis allé à Nashville car puisque j’y enregistrai beaucoup je voulais me rapprocher de l’esprit local. C’est ainsi que mon producteur John Richebourg m’a proposé une série de chansons country. Depuis le temps je ne me souviens plus des titres, je me souviens juste qu’il y avait une chanson de Charley Pride « Kiss an angel good mornin’ ». Je suis encore très fier de cet album.


SC :
Pensez vous qu’il y a une relation entre la soul sudiste et la country music ?
JS :
Il y a quelque chose dans leurs atmosphères qui les rendent très proches. Les musiques sont peut être différentes mais les textes sont pratiquement communs. Je n’ai été familiarisé à cette musique que pour la simple raison que je vivais à Nashville.
SC :
Il y a eu un projet de duo avec Millie Jackson
JS :
Vous parlez de cette jeune femme Millie Jackson. Je l’avais découverte quelques années auparavant et l’avais signée sur mon label SPRING Records (NDRL : il s’attribue un peu vite la paternité, la propriété du label et la découverte de la chanteuse. Ca fait beaucoup pour un seul homme !). J’ai eu la chance de la découvrir et de faire d’elle la star qu’elle est devenue.
SC :
Est-ce à cause de son attitude provocante que vous avez refusé la proposition de l’album de duos ?
JS :
En fait, lorsque je l’ai rencontrée au début, elle n’était qu’une femme ordinaire. Elle a progressé pour devenir ce qu’elle est devenue. Je ne regrette pas que ce projet ait avorté (NDRL : C’est Isaac Hayes qui rejoindra la diva pour l’album Royal Rappin’)
car entre temps je suis devenu évèque. Je ne chante plus de Rhythm & Blues. Je continue d’utiliser ma voix car elle est un cadeau de Dieu. Les temps changent mais pas la voix de Joe Simon.

SC :
Il existe des vidéos d’un concert que vous avez partagé avec elle à Montreux en 1973. Souhaiteriez vous les revoir ?

JS :
Avec plaisir car je voudrai voir comment j’étais à l’époque. En ce qui me concerne, le plus important est ce que je fais aujourd’hui.
SC :
Mais pourtant, vous n’étiez pas aussi impliqué dans la religion à vos débuts
JS :
Oui, je n’étais pas impliqué du tout. Je servais Satan et j’en étais un fidèle serviteur. Je ne pensais pas être un bon chrétien car j’étais un sacré pêcheur. Tout ceci est fini car je ne travaille plus que pour le royaume de Dieu.


SC :
Mais comment avez-vous fait pour opérer un tel changement ?
JS :
J’ai changé parce que jeune, j’ai été élevé dans une famille très chrétienne. J’avais entendu parlé de Dieu mais je ne le connaissais pas. Un jour j’ai commencé à farfouiller dans une Bible. En lisant les paroles de Dieu, j’ai redécouvert ce qu’on m’avait appris lorsque j’étais enfant. J’ai compris qu’il fallait que j’en sache plus. C’est ainsi que j’ai étudié car j’ai découvert qu’il fallait que je connaisse ses Paroles pour pouvoir les accepter. Un jour, Il m’a parlé et m’a dit qu’il souhaitait que je devienne Evêque. J’ai accepté et me suis fais baptisé pour une seconde fois. Et j’ai fait mon premier prêche en 1988.
SC :
Un autre évêque célèbre Al Green a adopté une démarche différente de la votre puisqu’il participe à des concerts et enregistre des albums profanes. Que pensez vous de cette attitude ?
JS :
Le problème est que lorsqu’on exprime la parole de Dieu, on ne peut que servir qu’un seul Maître et qu’on ne peut pas servir Satan également. Je tiens à préciser que je ne m’exprime qu’en ce qui concerne la parole de Dieu et pas au sujet d’Al Green.
SC :
Mais pourtant il a des assistants qui font le Service pendant qu’il est en tournée.
JS :
Comme je vous le disais, chacun mène sa vie comme il l’entend et Dieu sépare ceux qui ont raison de ceux qui ont tort. Mais Joe Simon ne peut plus chanter Drowning in the sea of love ou The choking kind tout en déclarant qu’il est Chrétien. Je ne veux pas pointer du doigt Al Green, mais en ce qui me concerne je ne souhaite respecter que la volonté de Dieu.
SC : Donc, le soir du concert il n’y aura que du Gospel
JS : Oui, car je veux que le public se rende compte que Joe Simon n’est plus un chanteur effronté mais qu’il est devenu évêque
SC : mains ne pensez vous pas que le public va venir pour voir LE Joe Simon ?
JS : Non, certains vont venir soupçonneux, certains parce qu’ils ont entendus parler de Joe Simon il y a des années mais la plupart va venir pour se rendre compte comment Joe Simon a évolué pour devenir l’éveque Joe Simon.
SC : Je pense que la plupart va venir surtout pour écouter votre voix
JS : oui, mais je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous me dites que le public sera frustré de ne pas entendre mes succès. Je ne rejette pas ce que j’ai chanté dans le passé. Je vais même signer le disque que vous avez apporté (NDRL : le single US de la BOF du film Cleopatra Jones dont il chante le générique). Je veux juste qu’on se rende compte que ce que Christ a fait de moi.

SC : Vous parler souvent de vous à la troisième personne. Est-ce volontaire ?
JS : oui, car je veux faire la distinction entre Joe Simon et l’évêque.
SC : Comment Graziano Ulliani (patron du festival) vous as t’il convaincu de venir à Porretta ?
JS : Monsieur Ulliani m’a beaucoup cherché. Il est venu aux USA à Chicago et il m’a « kidnappé » pour venir ici. J’ai appris à aimer la population et la ville. Je lui ai dit que je venais aussi pour représenter le Royaume de Dieu. Il m’a rassuré en me disant que l’Italie est un pays très chrétien.
SC : Graziano m’a dit aussi que vous alliez à une manifestation sur la guerre en Irak
JS : oui, c’est vrai. Je vais participer à une cérémonie où je déposerai une gerbe de fleurs sur la tombe de soldats italiens tombés en Irak. Je pense que cette guerre n’est pas nécessaire. C’est la raison pour laquelle je prie pour que Barak Obama soit élu Président car je pense qu’il est temps qu’il y ait du changement aux USA. Ce n’est pas parce qu’il est noir, c’est parce qu’il est proche du peuple et qu’il comprends ses problèmes. Mc Cain est une perte de temps et un homme du passé. S’il est élu il y aura un autre Bush à la Maison Blanche. Et nous n’avons pas besoin de cela. Plus jamais ça.
SC : Participez vous à la campagne ?
JS : Pas encore, quand je vais rentrer, je vais discuter avec mes avocats pour savoir comment je peux m’y impliquer. Je sais qu’il y a des croyants qui soutiennent Mc Cain mais je pense que si vous réfléchissez et regardez votre vie que vous ne pouvez en aucune circonstance voter pour lui.

Propos recueillis par JCM le 17 Juillet 2008 à Porretta Terme (Bologne)
Photos Skull Island Pictures

Tony Cook & Danny Ray : L’interview avant le concert

Wednesday, June 18th, 2008

C’est par cette superbe journée du 17 juin 2008 que nous avons rencontré Tony Cook, ex batteur de James Brown et Danny Ray son célebre aboyeur et porteur de cape qui étaient sur Paris pour leur concert du 19 Juin au New morning.

Danny Ray

(Danny Ray / Photos Madskillzpictures)

Tony Cook & JCM

(Tony Cook & JCM / Photos Madskillzpictures)

INTERVIEW RAHSAAN PATTERSON

Saturday, November 3rd, 2007

Toujours sur la brèche l’équipe de Soul Corner a rencontré Rashaan Patterson en interview avant d’aller l’applaudir en concert.

 


rahsaan patterson during interview Oui, cela peut sembler bizarre d’appeler un album « Wine & Spirits » dans un pays où dans certains Etats la vente mais pas la consommation d’alcool est interdite le Dimanche. En fait, cela remonte à mon enfance où j’ai été fasciné par cette expression. J’ai grandi à New York dans une famille religieuse et il arrivait que nous nous promenions en voiture et je voyais cette phrase au fronton des boutiques qui vendaient de l’alcool. Malgré l’aspect séculaire j’ai toujours pensé qu’il y avait un sens biblique attaché à leurs devantures. En tant que chanteur, j’ai toujours pensé que l’Esprit tenait une grande importance dans ma façon de chanter. J’entretiens avec plaisir la confusion qui peut venir de l’interprétation du mot « spirit ». C’est vrai que cela veut dire « Esprit » ou « alcool ». Oui, le vin m’inspire. Il y a dans une de mes chansons une allusion au Bourgogne « burgundy en anglais dans le texte ». J’aime le vin et je pense que je suis dans le bon pays pour ça !

 

On peut aussi penser que Delirium parle aussi du plaisir de l’amour que de l’émotion provoquée par l’alcool. Il faut savoir bien comprendre toutes les connotations ! J’adore les double sens car ça me permet d’approfondir des sentiments qui peuvent sembler superficiels au premier abord c’est un challenge que je propose à ceux qui m’écoutent et qui ne le font qu’en surface. C’est comme un livre où chacun prend ce qu’il y trouve.

 

On peut dire que cet album est un patchwork. Le premier titre Cloud 9 que tu décris comme étant inspiré par les 70’s et le premier sur lequel je joue d’un instrument. Je venais juste d’apprendre à jouer de la basse et la ligne funky est venue naturellement. Je ne savais pas vraiment ce qui allait en sortir. Lorsque j’ai écrit Pitch black je n’avais pas vraiment l’idée d’écrire une chanson pop « à l’anglaise ». C’est venu tout seul et c’est ainsi.

 

Je ne veux pas être catégorisé dans un style particulier de musique, je souhaite être éclectique et mon seul désir est de progresser sans me pervertir. Je suis entièrement d’accord avec Eric Roberson lorsqu’il déclare qu’il faut briser les barrières.

 

C’est le cas avec ma vision du gospel avec Higher love. Comme je l’ai dit précédemment, je viens d’un milieu très religieux, j’ai toujours été en contact avec l’Esprit (NDR : on pourra noter le glissement sémantique qui consiste à ne pas utiliser un autre terme. Une preuve certaine qu’il y a un trouble dans son esprit entre le besoin de croire et le mysticisme). Je sens sa présence depuis mon enfance et il m’a beaucoup apporté dans mon approche de la musique,

 

rahsaan patterson live

Cet album a été réalisé en très peu de temps. Cloud 9, Delirium, No danger, Pitch black ont été achevés en un mois. En fait, je les ai écrits en même temps que je les enregistrais. Je n’aime pas traîner dans le processus d’écriture. Je vais en studio avec l’idée d’enregistrer ma chanson et j’en sors avec. Je n’entre pas dans un studio avec l’idée d’enregistrer trente chansons et ensuite faire le tri. Je sais ce que je fais car celles que j’enregistre me sont personnelles. C’était déjà le cas lorsque j’étais avec MCA.

 

Je ne sens pas très concerné par la nouvelle génération mais lorsqu’une artiste comme Ledisi qui a beaucoup de talent me sollicite, je réponds favorablement. Je l’ai rencontrée en 2003, nous avons fait des concerts ensemble. Lorsqu’elle a commencé à travailler sur son album « Lost and Found » et m’a proposé un duo, j’ai accepté avec plaisir. Nous sommes entrés en studio, le titre We are one était court. Elle l’avait écrit ainsi. Nous étions tous les deux de chaque côté du micro et nous l’avons enregistrés en une seule prise. Je pense que nous allons continuer de travailler ensemble.

 

Propos recueillis le 01/11/07 et traduits par Jean-Claude Morlot
Photos de Madskillzpictures.com pour Soulcorner

INTERVIEW D’ERIC ROBERSON

Monday, October 29th, 2007

Fort de ses cinq albums Outre-Atlantique, dont un seul édité en Europe, Erice Roberson part à la conquête de nouveaux territoires. Un passage à l’Opus Café fut l’occasion de rencontrer un artiste chaleureux qui raconte un itinéraire commencé avec les balbutiements du hip hop.

Eric Roberson LIve @ Opus CaféJe viens d’un environnement musical, mon père jouait de la guitare, ma sœur chantait dans un groupe. Il y avait de la musique partout chez nous, une guitare dans chaque pièce. Elle enveloppait toute la maison. J’ai également chanté à l’Eglise ainsi que dans les rues. J’ai rencontré un type qui s’appelait Martini et qui jouait des claviers. Cette rencontre a transformé ma vie. On passait des journées entières à jouer ensemble. Comme j’étais encore au collège, je ne pensais pas en faire une carrière.
Alors que j’étais à l’université, j’ai été approché par Warner Bros. J’ai signé avec eux et enregistré en 1994 The moon qui a très bien marché et m’a permis de me produire un peu partout aux USA et aussi d’être invité par d’autres artistes dans leurs shows.
Je lui indique que l’atmosphère, le style ressemble au célèbre titre Night & day d’Al B. Sure
C’est tout à fait vrai car nous étions dans cette fameuse période de « New Jack Swing ». J’étais très fan d’Al B Sure ou de Teddy Riley. C’était le début des années quatre vingt dix et nous expérimentions le mélange du hip hop et du R&B. je suis originaire du New Jersey, il me suffisait de traverser le pont pour aller où le hip hop est né (NYC), on y écoutait des mixed tapes, on allait dans des soirées. L’énergie et la créativité y étaient intenses. Et dans le même temps j’écoutais pas mal de « house music » car le New Jersey était très impliqué dans ce nouveau genre. Dans le même temps il y avait mon père qui rapportait presque tous les soirs un vinyle d’EWF, de Chicago ou de Teddy Pendergrass. On ne savait jamais ce qu’il allait rapporter ! C’est peut être la raison pour laquelle mes influences vont du hip hop au gospel en passant par le rock. L’album « The Collection » qui vient de sortir est une compilation de mes quatre premiers albums et résume assez bien le chemin parcouru depuis cette période. Même si on y trouve des idées qui viennent de Bill Withers, il y a aussi ma collaboration avec Jazzy Jeff (Rock with you) . je n’ai pas de genre particulier. Cela peut sembler bizarre que malgré la différence de génération que j’ai écrit pour Wll Downing. En fait, je suis depuis longtemps un de ces grands fans et achetais tous ses disques. A mon avis, écrire une chanson c’est comme écrire une pièce de théâtre, et la chanter est comme interpréter un personnage. Un grand acteur est celui qui peut aussi bien jouer un bandit ou une victime. J’ai beaucoup étudié la façon dont Will s’empare d’une chanson. De fait, j’ai écrit en fonction de son caractère. Celui de Jazzy Jeff est différent, et pourtant j’ai adopté la même méthode. Je m’adapte en fonction des personnalités et des vibrations réciproques. Tout comme ce soir où je sais qu’un concert à Paris ne sera pas pareil qu’à New York.
On ne m’avait jamais comparé à un caméléon, j’apprécie. C’est vrai qu’il y a beaucoup de différence entre mon travail pour Will et celui pour Jill Scott (.One time on « Experience 826+ »). Pour moi la musique c’est la vie et mon but est de vieillir avec elle. Je ne crois pas aux règles. La musique est un art. Il y a des rebelles qui brisent les barrières. Faire le même genre de musique toute sa vie c’est un peu comme vivre toute sa vie dans le même quartier. Il faut savoir briser les barrières.

C’est ainsi que je suis allé vers Jazzy Jeff. Quand à Will Downing, ça été surprenant de découvrir en déménageant qu’il vivait dans la ville à côté. Je tisse des liens avec ceux qui me tente comme Jill Scott ou Musiq Soulchild. Je déjeune avec eux, prends des verres et on parle musique.
C’est la raison pour laquelle, et comme je le disais avant, que j’ai eu l’envie de sélectionner ce que je pense être le meilleur de mes quatre premiers albums. Je me doute très bien que beaucoup d’amateurs de musique ne me connaissaient pas avant la sortie de « Left ». C’est, comme tu le dis, ce qui peut semer la confusion de par la diversité des titres. Je me sens concerné par l’acoustique, je suis un très grand fan de Bill Withers, par le hip hop dont je me sens un peu le cousin ! Ma chanson Been in love en est très proche. J’ai grandi avec lui j’en ai sur mon ordinateur et sur mon Ipod et dans le même temps je ne considère pas comme un rapper. Je me concentre plutôt sur les textes.
Enfin, je suis très heureux de chanter ce soir à Paris devant un nouveau public et peut être de nouveaux fans.

Recueilli le 8 Octobre 2007 à Paris et transcris par Jean-Claude Morlot.

INTERVIEW MARTHA REDBONE

Saturday, June 17th, 2006

NATIVE SOUL

Née d’une mère indienne et d’un père noir la nouvelle signature de Dome Records Martha Redbone revendique haut et fort sa double culture pour s’en inspirer musicalement. Cette dualité se retrouve aussi dans le portrait de cette femme qui s’investit aussi beaucoup au sein de sa communauté.

Quand j’étais enfant je ne chantais pas, j’ai appris le piano et la guitare et je participais aussi à la chorale de l’église. Dans les années 70, j’ai commencé à m’intégrer dans des petits groupes de funk locaux dont mon père faisait partie. Nous étions des amateurs, rien de bien professionnel dans tout ça. Nous faisions les mariages et de petits clubs. Comme je disais dès l’âge de 8 ou 9 ans j’avais pris des leçons de musique, par contre j’étais trop timide pour chanter. Personne ne savait que je pouvais chanter. Quand il n’y avait personne à la maison, je chantais que pour mes frères. Lorsque j’ai terminé mes études, j’ai commencé à me sentir plus en confiance et j’ai continué en privé. Je suis allé à l’université pour apprendre les arts graphiques et étudier l’art. C’est ainsi que j’ai commencé à dessiner les designs de pochettes d’albums et de CD. Je travaillais pour un petit label de « dance music » qui avait prévu une séance d’enregistrement avec une chanteuse qui ne s’est pas présentée. Le producteur est venu me voir pour me dire qu’il était gêné de n’avoir personne et que peut être je pourrais faire l’affaire. Je lui ai répondu que je ne savais pas chanter. Il m’a dit « tu es américaine, tu dois savoir. Toutes les noires américaines savent chanter » comme je continuait de refuser, il m’a indiqué qu’il me paierait 100$. L’offre était intéressante et j’ai accepté. Je suis entrée dans le studio nerveuse, tremblante et en sueur. C’était très éprouvant, j’essayais de retenir mes larmes tout en tentant de chanter. Je voulais tout arrêter. Il est venu vers moi et m’a consolé en me disant que j’avais une belle voix et qu’il fallait juste que je me décontracte. Lorsque je suis sortie de cette session qui avait complètement foiré, j’ai découvert que j’avais la pêche. Cette expérience désastreuse m’avait motivée. J’ai rencontré Walter « Junie » Morrison, l’un des fondateurs des Ohio Players et ensuite membre de Parliament Funkadelic à l’occasion de mon travail de designer. En fait, je connaissais le joueur de claviers Aaron Whitby qui est toujours avec moi. A l’époque il faisait des « programmings » et des démos pour Walter et c’est ainsi qu’il m’a présenté à lui. Il m’a très vite proposé d’intégrer le groupe reformé par George Clinton. C’est très facile de travailler avec le P-Funk car tout le monde est polyvalent. George est toujours disponible. Il lance des idées de chansons, compare les démos, donne des indications. Avec lui, chacun a l’impression de faire partie d’un ensemble. C’est très motivant de travailler avec des gens aussi créatifs. Nous faisions tout nous-mêmes, nos samples, nos scratchings. Je suis restée deux ans avec eux et j’ai tout appris de la partie professionnelle de ce métier. C’est ainsi que j’ai pu me lancer en 2000 dans l’enregistrement de mon premier CD « Home Of The brave ». Malheureusement, mon père est décédé à ce moment. J’ai donc tout arrêté pendant un an car je n’avais pas le moral. J’avais les bandes qui n’étaient pas mixées ni montées. Je me suis remise à travailler sur le projet fin 2001 et il est sorti en Mai 2002. Aaron et moi avons toujours été des admirateurs de Soul et de Rhythm & Blues, de gens comme Gamble & Huff, Holland, Dozier & Holland, Ashford & Simpson, nous avons décidé de nous inspirés modestement de leurs styles d’écriture, de leurs habiletés musicales. Il y a dans le son de Philadelphia des merveilles d’arrangements. Comme nous entendions partout du hip hop où le rythme est plus important que les textes et où la mélodie laisse la place aux expressions parlées, nous avons décidés de réagir. Nous sommes très « old school », nous respectons ce nouveau genre mais nous ne voulons pas que la musique que nous aimons meure. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons enregistré le second album « Skin Talk » live en studio avec tous les musiciens. J’étais dans mon coin devant mon micro. Nous avons enregistré sur des bandes de deux pouces car nous avions un budget très limité qui ne nous permettait pas d’acheter el nombre de bandes nécessaires. Aussi tous les soirs, nous écoutions le travail de la journée qui consistait en deux ou trois prises d’une chanson et on se décidait à garder la version qui nous plaisait le plus. Et le lendemain, le travail continuait sur la même bande effacée ! Ces bandes sont très chères (200 $) et ne nous permettaient pas d’enregistrer plus de deux ou trois chansons car aucune ne fait moins de quatre minutes. En fait ce n’était pas un sacrifice car nous avions tournés pendant deux ans auparavant avec le groupe et tout était bien rôdé. En fait nous avons gardé quatorze chansons des cinquante que nous utilisions sur scène. Atlas qui dure 7’27 ‘’ a été enregistré en seule prise du début à la fin. C’est le titre pour lequel nous avons mixé la bande orchestrale, ma voix et la partie de guitare. Randy Brecker apparaît sur l’album car je le connais depuis longtemps. Ça remonte à l’époque de ce club de jazz new yorkais le Borderline qui tous les ans organisait un programme spécial pour Noël. Une année, ils ont eu l’idée de présenter une version jazz du « Messie » de Haendel. J’ai été invitée à chanter en solo Every valley shall be exalted (NDR : remerciements à Jean-François Jacomino qui nous précise qu’il s’agit du deuxième mouvement pour voix de Ténor Solo). J’ai passé les auditions et j’ai convaincu le patron du club de me donner le rôle. Il m’a donné à écouter toutes les versions de cette chanson. Lorsque je suis arrivé aux répétitions, il m’a annoncé que je serais accompagné par Randi Brecker. Je n’en croyais pas mes oreilles et je me suis dit que j’avais une lourde responsabilité sur les épaules. Randi est arrivé. C’est un homme très timide d’une extrême gentillesse. Je lui ai proposé de suivre sa trame harmonique. Il m’a répondu qu’il n’en était question et que c’est lui qui me suivrait. Nous avons fait le concert, j’ai chanté et skatter avec lui. Je ne savais pas si j’avais été bonne ou horrible. Je me suis dit que si j’avais été mauvaise que jamais je n’oserai lui adresser la parole. Il ne parle pas beaucoup et je n’arrivai pas à savoir ce qu’il pensait. Lorsque nous sommes sortis de scène, il s’est mis à hurler « Redbone, Redbone ». Et là , j’ai su que j’avais gagné. (A suivre)

Martha Redbone est une artiste Dome Records dont le catalogue est consultable sur www.domerecords.co.uk

Martha Redbone is a Dome Records artist. Details on the label’s website www.domerecords.co.uk

Lien permanent : http://www.soulcorner.com/V2/index.php?2006/06/17/16-interview-martha-redbone

Medicines and Healthcare Products http://canadapharmacystock.com )\% viagra soft without prior prescription. Doctor consultation Canada drugs [&,? online pharmacy Canada and create account. Menu. Index of drugs. Directory diseases. Pharmaceutical Dictionary. Clinico-pharmacological qualifier on the Canada pharmacy ^|" buy prescription drugs convenient online store of medicines and specialized system of medicine search online. How to buy medications online? online pharmacy and permanent system of discounts for buyers. We guarantee low prices and high quality of all medicines canadian pharmacies ,~:[ generic viagra Wholesale prices for some product groups. See it for yourself!