On savait déjà que Snoop Doggy Dogg était un amoureux de la Soul, du funk et du R&B comme beaucoup avaient pu le découvrir dans les bonus du DVD Up in Smoke Tour. Voici donc le tribute personnel de Snoop Dogg pour Michael Jackson.
Une vidéo d’une heure ou l’ancien protégé de Dr Dré nous fait partager sa playlist personnelle tout en la commentant. Une vidéo qui redonne le sourire malgré ce tragique évènement.
Soul Corner est fier de présenter une initiative originale du réalisateur espagnol David Moreu.
Son idée, au travers d’un voyage à Memphis où Martin Luther King fut assassiné au tristement célebre Lorraine Motel, est de faire le lien entre la Soul Musique et les mouvements pour les droits civiques. Pour ce faire il interroge différents protagonistes ou témoins comme ces employés du salon de coiffure Down To Earth (d’où le titre du film) mais aussi des acteurs clés du son de Memphis.
C’est ainsi qu’il donne la parole à Deanie Parker (responsable de la promo chez Stax) (Photo n°2) qui raconte quelques anecdotes symboliques de la ségrégation qui régnait à l’époque, ainsi qu’à David Porter
hémisphère gauche du duo Hayes/Porter (photo n°3) qui explique que la chanson Soul Man, qu’il a coécrite, est un hymne à la négritude et à l’envie de s’affirmer. WillieMitchell, boss du label concurrent Hi, qui contribua au succès d’Al Green indique qu’il n’y avait pas de rivalité entre lui et Stax puisqu’elle semblait venir de Motown qu’il considère comme moins impliqué dans la revendication du changement social. Ce que confirme la jeune chanteuse Valencia Robinson.
Ce documentaire implique aussi en philigramme que la musique à tirer un trait définitif sur l’esclavage puisque Deannie Parker déclare que le principal apport économique de Memphis qui était le coton a disparu au profit de la musique.
Mais on ne peut quitter la ville sans parler de la figure emblématique du son Stax. Zelma Redding, veuve d’Otis, curieusement absente de l’écran raconte les derniers moments du chanteur où il a demandé à parler à son fils Otis III (celui que nous avons rencontré à Paris) et délivre quelques confidences sur ses convictions humanistes.
Down to Earth ( Espagne 2008)
Durée: 27’
Réalisation et Scénario : David Moreu
Texte: JCM
Comme on disait à la fin des génériques des films Universal des années 30 “A good cast is worth repeating” voici une vidéo de la délicieuse Valencia Robinson
New York. Les années 80. Un son nouveau et un mode de vie alternatif débarquent. Ce qu’on a cru n’être qu’une passade temporaire devient l’affirmation d’une nouvelle culture afro-américaine. Prémices d’une culture qui apportera Obama à la Présidence ? Nul ne peut l’affirmer.
Le mouvement était joyeux, à l’inverse du gangsta rap qui se développera plus tard car il était porteur d’une certaine forme d’hédonisme.
Il suffisait de se promener dans les rues de New York dans ces années là pour s’en convaincre. Les touristes européens étaient surpris de voir des rames de métro complètement bariolées par des graffeurs qui agissaient clandestinement dans les entrepôts du Métro.
Poursuivis par la police, inculpés. Ils étaient plutôt considérés comme des voyous plutôt qu’artistes. Le film Wild Style est très fidèle à restituer l’état d’esprit qui régnait à l’époque.
Le temps avançant, leur talent fut reconnu au point que certains dont Futura 2000 participèrent au premier événement parisien hip hop appelé New York City Rap qui eut lieu le 22/11/82 au Bataclan. Les différents courants qu’ils soient musicaux (Grand Mixer DST,Fab Five Freddy, Africa Bambaataa et même Mike Jones de Clash), artistiques avec les championnes du « double dutch » (la corde à sauter des cours de récré !), les break dancers du Rock Steady Crew et graphiques étaient représentés tandis que Futura 2000 se livrait à une démonstration de « graffe » live sur scène.
Aujourd’hui, les « voyous » d’hier vendent leurs œuvres des milliers d’euros comme cette toile de Crash!
Une exposition vente est organisée par la Maison Millon Corneille de Saint Cyr Commissaire Priseur à la Cigale les 19 et 20 Juin où seront présentées 290 œuvres des 140 artistes les plus représentatifs du mouvement.
Plus de 15 ans aprés son dernier album et un best of sorti en 2003, Al B. Sure nous revient avec un single intitulé “I love it”. Ce titre est annonciateur d’un album qui sortira le 23 juin et comprendra 12 titres dont 2 reprises produit par Al B sure et Kyle West.
C’est désormais un lieu commun que d’écrire que Porretta est l’endroit où chaque amateur sincère de Soul doit aller au moins une fois dans sa vie. Le seul danger soit que son séjour ne devienne une addiction.
Le directeur artistique Graziano Uliani qui nourrit pour son festival de grandes ambitions se pique de dénicher des talents méconnus voire oubliés et qui pourtant contribuèrent à la grandeur de cette musique que nous aimons tant. C’est ainsi qu’il débaucha Swamp Dogg et sorti de sa tanière le légendaire Eddie Hinton.
Cette année, la surprise est de taille puisqu’il a réussi à convaincre Spencer Wiggins de venir se produire. Spencer Wiggins a fait partie de la cohorte des chanteurs sudistes qui dans les années soixante remportèrent un succès modeste. Signé par le label Goldwax il avait pour partenaire les fabuleux O.V. Wright, James Carr alors que ses producteurs/ compositeurs étaient Quinton M Claunch et Rudolph V. Russell.
Son œuvre majeure restera Uptight Good Woman ( écrite par Dan Penn et Spooner Oldham)contemporain de When A Man Loves A woman qui l’éclipsa alors que That’s How Much I Love You rencontra une audience moindre ce qui n’empêcha son édition française.
Comme beaucoup de ses confrères, il s’est tourné vers la religion puisqu’il est désormais diacre au sein de la New Baptist Church de Miami.
Il est à craindre, qu’à l’instar de Joe Simon l’an passé, que son répertoire ne consiste qu’en une suite de « bondieuseries » et se concentre sur des titres extraits de son dernier Cd I’m going on alors que le public souhaitera certainement l’entendre interpréter ses anciennes ballades. Genre dans lequel il excelle. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il soit moins psychorigide que son prédécesseur.
Ambiance décontractée et bon enfant pour le premier concert de Black Stamp Music au Ducs des Lombards. Le MC n’est autre que le célèbre Sidney qu’on ne présente plus. Son dynamisme et son humour sont tels que le temps ne semble pas avoir de prise sur lui. La minuscule scène ne semble pas très appropriée pour accueillir un groupe largement constitué et garni de deux cuivres.
Dés l’entrée la cohésion musicale est de mise même si certains jouent sur partitions. L’inspiration oscille entre une soul seventies très funky et parfois une orchestration jazzy semblant sortir d’un polar des années cinquante, tandis que l’ombre des musiciens inspirés par le Miles Davis d’Ascenseur pour l’échafaud semble planer sur le jeu de Guillaume Poncelet à la trompette. Les différents rappeurs dont Soklak, Marco Polo, Mihuma
bénéficient également de deux choristes hors pairs. Le californien Brian Lucas intervient avec brio sur Mix it up et la splendide ballade Don’t let me down alors que Karl The Voice au look improbable de jamaïcain sixties apporte la seconde voix. C’est ainsi et comme le remarque pertinemment J F Jacomino dans son commentaire que le rap soutenu par des mélodies quelque fois attachantes prend une dimension nouvelle.
Black Stamp Music est la preuve avec Gimenez E et The Freebeez que la Soul française est en pleine mutation grâce à un travail acharné dont la qualité essentielle est la recherche de la qualité.
Lorsque le rap français soutenu par des musiciens acoustiques lorgne du côté des Roots. Busta Flex et le légendaire Sidney (h.i.p. h.o.p.) font partie de l’aventure. Le mélange est détonnant. Ils sont en concerts pour deux dates les 19 et 20 Mai à Paris au Ducs des Lombards.
Soul Corner y sera pour en rendre compte. Dans l’intervalle nous vous proposons la chronique de l’album et pour patienter le clip Yes we can.
LE CD
Que ce soit en Europe ou aux USA, le phénomène est suffisamment rare pour être signalé.
Alors que la solution en vogue fonctionne à coups de samplings, scratchings et autres sons électroniques le collectif Black Stamp Music a choisi de s’en passer. Comme annoncé en préambule le résultat ressemble dans l’esprit à l’univers des Roots. L’inspiration musicale des différents intervenants est une autre originalité car on passe allégrement de la ballade soul Don’t let me down, au reggae de Qui la sauvera en passant par l’excellent et délicat funk aérien de Freedom sans oublier un surprenant détour par le blues avec J’arrête tout. Le titre Yes we can de la vidéo est en bonus (bien) caché !
Le talent des musiciens qui sont de véritables instrumentistes, des choristes et leur implication concourent à rendre l’expérience séduisante. Leur motivation est d’ailleurs définie avec humour dans Vais-je grandir un jour.
Coté texte, on se prend à noter des formules qu’on aurait pu penser aujourd’hui désuètes comme « les gardes champêtre qui prennent leur cul pour une trompette » dans Mix it up sans pour cela oublier la triste réalité de la société actuelle. Le constat amer débouche souvent vers des solutions humanistes (Oxmo Puccino dans Quand même).
A suivre avec le compte rendu du concert Sortie du CD le 22 Juin 2009
JCM
Un nouveau Soul Corner mix est désormais en ligne. Nous espérons que chacun y trouvera son compte. Nous présentons une petite compilation rassemblant les différents courants de la Soul. La sudiste est illustrée par le vétéran Sterling Williams dont nous avons fait le portrait récemment tandis que Memphis est représenté avec grâce et charme par Toni Green et un titre extrait de son nouvel album en gestation. Force est de reconnaitre, même si nous aimons beaucoup la dame, que la prestation est remarquable. Plus contemporain et moins traditionnel le rapper Eastwood séduit avec un flow lancinant à l’ancienne.
Ciara quand à elle s’est adjoint le soutien de Justin Timberlake (le veinard) pour un Love Sex Game (tout un programme !) d’une rare efficacité.
Bonne écoute
Chrisette Michele est une surprenante découverte. On pourrait croire qu’elle se situe dans le créneau occupée par l’omniprésente Beyonce. Il semble qu’il n’en soit rien car elle a une personnalité qu’elle revendique avec force. Son potentiel est d’éviter tous les pièges en cours aujourd’hui. Elle sait se concentrer sur des ballades sans prétentions (Blame it on me, All I ever think about you) qu’elle transcende grâce à une voix aérienne digne des anciennes comme Lorraine Ellison. Il y a du patos et de l’émotion dans le phrasé.
La délicatesse semble être le fil conducteur de son album puisque s’y côtoient des titres aussi évocateurs que Fragile ou encore Porcelain alors que l’ombre d’Erykah Badu semble planer sur Mr Right.
Un talent prometteur
Emporté dans les valises de Leon Gast qui réalise WHEN WE WERE KINGS tourné lors du combat Ali/Foreman au Zaire en 1974 le documentariste Jeffrey Levy-Hinte avait pour mission d’en filmer les coulisses ainsi que les parties musicales du concert événement. Formé à l’école rigoureuse du documentaire, digne successeur des célèbres D.A. Pennebaker ou Fredrick Wiseman il s’attache en compagnie d’Albert Maysles à réaliser des vignettes qui sont selon ses propres propos comme des petits courts métrages tourné dans la tradition du cinéma vérité cher aux français.
Un rapprochement se fait immédiatement avec un concert précédent au même endroit en 1971 et qui fit l’objet du film SOUL TO SOUL. Alors que la vision des américains découvrant la « nation mère » était passablement caricaturale avec son côté TINTIN AU CONGO empreint de condescendance envers les « bons sauvages », ici les rapports sont montrés de manière plus décontractée. Les barrières de civilisation s’abattent en un instant comme cette séquence où les alors débutantes Sister Sledge côtoient de jeunes africaines pour partager leurs chorégraphies.
A l’inverse de l’illustre pendant de Gast SOUL POWER est avant tout un remarquable film musical extrait de douze heures de rushes (bienvenue aux bonus lors de l’édition DVD) où on peut assister aux prestations intégrales des prestigieux Spinners et leur remarquable mise en place scénique,
de l’intimiste Bill Withers, d’ un toujours aussi royal et goguenard B B King et surtout d’un James Brown accueilli comme un Dieu vivant même s’il arbore un costume qui semble être fait d’un compromis entre la combinaison pantalon et la mini jupe !
Un autre moment savoureux est celui du voyage en avion qui réunit tous les artistes où chacun y va de sa participation pour que le trajet devienne une immense jam session.
Même s’il aura fallu attendre longtemps, ce film assouvit les frustrations enregistrées par la brièveté des images vues dans WHEN WE WERE KINGS.