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Pick of the Week

October 6th, 2018

Willie Hightower : Out Of The Blue

September 12th, 2018

WILLIE HIGHTOWER
Out Of The Blue
Ace CDCHD 1520/ CHD 1520 (LP)

Willie Hightower avait fait impression à Porretta l’an passé et plus particulièrement lors de son ultime prestation à Vergato. Tony Rounce de Ace records était présent et ne tarissait pas d’éloges sur ce chanteur qui aussi bizarre que cela puisse paraître demeure injustement méconnu. Ace a acquis en toute logique les droits de ces dix titres produits dans les studios de Muscle Shoals par le presque centenaire, puisque né en 1921, et légendaire Quinton Claunch.
Classicisme absolu d’une soul sudiste intemporelle, nous serions, s’ il n’y avait le copyright, en droit de penser que tout ceci a été enregistré dans les années 70. Sans nostalgie ou revival rétro, ce recueil est composé essentiellement d’une suite de ballades mises en valeur par une vois feutrée, chaleureuse et agréablement soutenue par une section de cuivres aussi discrète qu’efficace.
Du grand art.

Jean-Claude Morlot

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GROOVE CITY & DARIA BIANCARDI
Live At Bravo Caffè
Groove City GC 003 2017

Les fidèles du Porretta Soul Festival connaissent bien Groove City, son leader Fabio Ziveri et sa chanteuse palermitaine charismatique Daria Biancardi. L’excellente idée est d’avoir enregistré un CD live au mythique Bravo Caffè de Bologne car seul ce type de production peut témoigner de la puissance vocale d’une interprète dont la prestation cette année à Porretta fut en tous points remarquable. Il est normal que son répertoire soit composé de reprises de ses aînées féminines et que tout naturellement Aretha Franklin s’y taille la part du lion avec des versions de Dr Feelgood (où elle livre l’étendue de son registre) , Think/Respect, Spirit in The Dark ainsi qu’un Rock Steady particulièrement musclé.
Le recueil ne comporte qu’une seule composition originale Your Queen à laquelle elle a contribué et semble avoir taillée sur mesure.

Jean-Claude Morlot

THE Magic Bones : Shake Your Bones

September 10th, 2018

THE MAGIC BONES
Shake Your Bones
Autoproduit

Agréable découverte que celle de ce groupe italien emmené par le chanteur/guitariste Emiliano De Gli’Innocenti et qui propose un blues/rock brut de décoffrage enregistré « live » en studio. A l’exception de trois titres originaux dont celui de l’album le recueil ne comporte que des reprises dans des versions originales. La voix âpre et rugueuse se prête aisément à celle de Mohair Sam (Charlie Rich), de Te Ni Nee Ni Nu (Slim Harpo) soutenue par les interventions pertinentes de l’harmoniciste Marcos Coll ou encore du classique de Bo Diddley I Can Tell interprété à la manière de Johnny Kidd & The pirates.
Une mention particulière pour sa relecture funky et pour le moins surprenante de la mélodie Imagine de John Lennon soutenue par une slide guitare efficace.
A noter la présence de Guitar Crusher au chant sur le dernier titre I Don’t Need No Doctor.

Jean-Claude Morlot

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ALVON
The Blues Chose Me
Autoproduit

Le ton est donné d’entrée de jeu et, comme le suggère le titre, force est de constater que nous sommes en présence de blues pur et dur. I Love The Blues montre qu‘Alvon (Johnson) est d’inspiration classique tandis que l’instrumental Heaven lui donne l’opportunité de démontrer sa technique musicale. Mais il faudra attendre Breakfast In Bed et Look At The World pour entendre des titres plus pêchus, voir funky, où même les solos son t plus agressifs que précédemment. Les inconditionnels du genre seront toutefois heureux de découvrir une reprise de Death Letter de Son House.
Enfin, signalons que la lecture de la pochette du CD nous offre bien des surprises puisque figurent parmi les musiciens Felton Pilate II (ex membre du groupe des années 70 Con Funk Shun), le tromboniste Mike Rinta que les spectateurs de Porretta connaissent bien ainsi que Derrick (D’Mar) Martin batteur du Anthony Paul Soul Orchestra.
Jean-Claude Morlot

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Porretta 2018 : Day 1

July 16th, 2018


Daria Bianca et Groove City eurent le redoutable honneur d’ouvrir ce 31 iéme festival. Je n’avais vu Daria sur scène et je dois avouer que j’ai été extrêmement surpris par la qualité de sa performance. Admirablement soutenue par le groupe et son leader Fabio Ziveri elle est aussi à l’aise dans les titres lents comme Damn Your Eyes ou rapides comme Spirit In The Dark. Doué d’un registre vocal très étendu, elle donne l’impression d’en tirer le maximum de manière qui semble illimitée. Rick Hutton la rejoignit ensuite pour un duo assez truculent (You Can Leave Your Hat On).

Changement de ton avec le pianiste Mitch Wood. Il se réclame de Professor Longhair, de Fats Domino ou encore de James Booker et interprétera tout normalement certains de leurs classiques au long de ses différentes prestations. C’est agréable, sympa et dansant mais resterait dans les limites du piano bar s’il n’ avait bénéficié du soutien efficace de Groove City.

La soirée était très éclectique avec le groupe italien The JBees et son spectacle « We’re Dancing Tonight ». Il s’agit d’un long medley de presque deux heures qui aligne tous les tubes disco les pires comme les meilleurs. La machine bien huilée tourne bien. Mais tout cela manque, hélas, d’originalité. C’est sous titré « Tribute To Soul Train » , ce serait plutôt « Tribute To Eurodisco ».

Texte et Photos “Soul Corner” : Jean-Claude Morlot

Porretta 2018 : Day 2

July 16th, 2018

La soirée de Vendredi commença avec le guitariste californien Chris Cain. Son jeu est subtil et volubile et c’est tout naturellement qu’il livra un set au style blues bien marqué. C’est ainsi que Going Back To Memphis fut suivi de classiques tels que Sweet Sixteen ou Let’s Have A Ball qui n’aurait pas déplu à Albert King. La seule ombre à cette démonstration est que certains aficionados italiens se sont plaints qu’ils ne venaient pas à Porretta pour écouter du blues. Je laisse à chacun la responsabilité des propos tenus.
Sax Gordon rejoint ensuite, après un long intermède, l’orchestre d’Anthony Paule pour l’instrumental Soul Fingers et chanter Somebody in This World For You. L’un des choristes Larry Batiste enchaîna avec Don’t Knock My Love et Let’s Stay Together.

Booker Brown venait pour la première fois en Europe et ce fut une agréable surprise que de découvrir ce chanteur dans la tradition de ses aînés O.V. Wright et Bobby Bland auquel il rendit hommage avec une poignante version de I’ll Take Care Of You. On ne peut que regretter que le set très intense qui se termina avec Stir It Up n’ait été aussi court.

C’est avec Ace Of Spades que la jeune new yorkaise Missy Andersen prit possession de la scène . S’ensuivit Stand By Me pour terminer par un torride Higher & Higher.
Willie Walker est un habitué des lieux puisque compagnon de route du Anthony Paule Band. Ce vétéran originaire de Memphis commença par quelques classiques
I Won’t Cheat You No More, Second Chance qu’il enregistra pour le label Goldwax ainsi que de son nouveau CD (Hate Take A Holiday) pour terminer avec Your Good Thing Is About To End.
Terri Odabi qui n’est pas non plus une inconnue en ces lieux commença avec une version jazzy de Wade In The Water et après un hommage à Denise LaSalle continua avec Gentrefication Blues pour terminer avec Stand By Me.John Ellison est mondialement connu pour avoir écrit alors qu’il était avec le groupe Soul Brother Six le titre ayant fait l’objet du plus grand nombre de reprises Some Kind Of Wonderful. Et c’est tout naturellement avec qu’il fit son entrée et enchaîna avec Thank You Baby For Loving Me pour continuer avec I’ll Be loving You qui est la face B du single original où figure Some Kind.. ! I démontra ensuite sa puissance vocale avec What Can You Do (When You Ain’t Got Nobody) alors que l’uptempo Get On Love Life . lui donna l’occasion de faire participer le public.

Texte et Photos Soul Corner : Jean-Claude Morlot

Porretta 2018 : Day 3

July 16th, 2018

la prestation de Don Briant et des Bo-Keys en ce Samedi soir était certainement le moment le plus attendu du week-end. Dans une forme exceptionnelle, il débuta par A Nickel And A Nail suivi de Everything Gonna Be Allright, de They Don’t Know, I Die A Little Each Day ainsi que le funky The Driving Beat, hommage à Willie Mitchell, pour terminer en apothéose avec I Can’t Stand The Rain co-écrit avec sa femme Ann Peebles.

Quintessence de la Soul, voix puissante et inspirée, orchestre impeccable, la magie était dans l’air ce soir là et nous n’aurions pas été frustrés si le festival s’était arrêté après cette impressionnante démonstration non passéiste, ni nostalgique car il faut du temps pour se remettre d’une telle gifle.

Après une interruption pour changement d’orchestre et ineffable Mitch Wood que l’on croirait sorti d’un épisode des Sopranos et Sax Gordon arriva le bluesman Alvon Johnson (vu il y a quelques années au Quai du Blues) ajouté au dernier moment et qui n’interpréta qu’un seul titre Let’s Straighten It Out dans une version proche d’un tempérant où il ne put s’empêcher de jouer au « guitar hero » (la chronique de son album The Blues Chose Me est à lire sur ce site). Suivi la choriste Sandy Griffith dans d’ agréables versions de Proud Mary et de Neither The One Of Us.
Retour à ce qui fait le charme de Porretta avec un hommage au label Goldwax et à ceux qui en furent les chevilles ouvrières. C’est au tour de Percy Wiggins d’ouvrir le bal avec une suite de chansons parmi lesquelles Bring It On Home To Me et I Ain’t Never Loved A Woman/Groovin’ ainsi que Love And Happiness. Il sera ensuite rejoint par son frère Spencer Et Willie Walker qui furent ses compagnons sur Goldwax.pour interpréter ensemble I Need A Lot Of Loving. Au regard des années passées Spencer semble diminué physiquement mais démontrera en débutant avec le classique Lonely man et le non moins classique et toujours aussi efficace tube Uptight Good Woman qu’il reste encore en possession de ses moyens.
On ne présente plus l’iconoclaste et inclassable Swamp Dogg dont la carrière à elle seule pourrait être une histoire de la Soul (mon interview est à lire sur le magazine en ligne ABS http://www.absmag.fr/swamp-dogg/ ). Total Destruction Of Your Mind, extrait de son premier fut précédé du rare Lover Man, de Synthetic World alors que le set se termina avec Gotta Get A Message To You.

Il fut suivi par la chanteuse de Memphis Lacee dont le répertoire consista essentiellement de reprises telles que Dr Feelgood ou encore Try A little Tenderness à l’exception d’un titre original I Miss The Good Old Days.

L’heure était bien avancée lorsque ce fut au vétéran Ernie Johnson de conclure la soirée avec certains de ses classiques comme I’m In The Mood For Love, Move Along et le bluesy You’re Gonna Miss Me.
Ce chanteur au vocal puissant fut longtemps comparé à Otis Redding et c’est tout naturellement qu’il conclura par un long et émouvant I’ve Got Dreams To Remember.

Texte et Photos Soul Corner : Jean-Claude Morlot
Autres/Other Photos : Courtesy and © of Dave Thomas

Porretta 2018 : Day 4

July 16th, 2018

La formule du Dimanche soir est désormais consacrée, on prend les mêmes et on leur demande de venir chanter deux ou trois titres chacun. Mitch Wood fait son entrée après quelques instrumentaux de l”orchestre d’Anthony Paule pour quelques boogies qui permettrons a quelques danseurs locaux de s’éclater puis suiv par le chanteur japonais Haruhiro Aoyama, leader du groupe the Fave Raves dans une version de Take Me To The River ne manquant pas de charme. Puis ce fut au tour de Sax Gordon (Somebody In This World For You), des choristes  Larry Batiste (Don’t Knock My Love) et Sandy Griffight (Neither One Of Us) . Retour à l’hommage au label Goldwax avec Percy Wiggins et It Didn’t Take Much (For Me To Fall In Love) et I Ain’t Never Found A Girl. J’ai du mal à voir Spencer Wiggins aussi diminué alors que je l’avais rencontré il y a plusieurs années et longuement parlé avec lui. Double Lovin’ lui donna l’occasion de prouver que la voix semble avoir été peu altérée par son état de santé. Les deux frères furent ensuite rejoints par Willie Walker pour une version endiablée du classique I Need A Lot Of Loving et un grand moment de Soul « oldies ». Willie restas seul ensuite (Romance In The dark, After A While) avant d’être rejoint par Terri Odabi et interpréter le célèbre duo de Lovey Dovey magnifié par Otis Redding et Carla Thomas.
Willie quitta la scéne pour que Terri puisse s’exprimer seule pour une poignée de chanson dont Funkier Than A Mosquito’s Tweeter que n’aurait pas renié sa créatrice Tina Turner.
Alvon Johnson
continua en réitérant Let’s Straighten It Out.

Il semble que, contrairement à l’année passée où la soirée avait duré plus de cinq heures, le turbo soit mis et que les participations s’enchaînent à un rythme effréné. Et c’est ainsi que John Ellison n’eut droit qu’à deux titres : le Funky survitaminé Give Me The Lovelight et le reggae If Had Just One Wish, il a 77 ans et le temps ne semble pas l’avoir marqué outre mesure. Ce qui est loin d’être de Swamp Dogg qui ne se fatigua pas en interprétant Synthetic World et Total Destruction Of Your Mind. En comparaison, âgé de 76 ans, il est la preuve que tout à chacun ne réagit pas de la même façon à la vieillesse. Il devient alors évident que « Destruction » n’a pas la même pèche que lors de sa création il y a presque 50 ans !
Booker Brown fut réduit aussi à la portion congrue avec Backyard Party et Rock Me Baby tandis que Missy Anderson s’acquitta d’une version mollassonne de A nickel And A Dime et de Stand By Me. Ernie Johnson rendit hommage à Bobby Bland dans un long medley et conclut avec Move Along. Enfin, Lacee eut le redoutable honneur de clore le festival (Let The Juke Joint Jump, Can We Groove) avec que tous les artistes se réunissent pour le grand final en entonnant à tour de rôle une version endiablée de Bring It On Home To Me. Et ce fut l’apothéose de cette 31 iéme édition qui n était pas complètement puisque de désormais traditionnelles prolongations se déroulèrent les jours suivant. Et c’est à lire dans le « Off » qui suit.


Texte et Photos Soul Corner : Jean-Claude Morlot
Autres/Other Photos : Courtesy and © of Dave Thomas

Porretta 2018 Le “Off”

July 16th, 2018

Pour jouir pleinement du festival, il est fortement recommandé de rester une semaine entière à Porretta car les festivités commencent tôt. C’est ainsi que le mercredi se produisirent sur la terrasse de l’hôtel Helvetia Booker Brown et Mitch Wood.
Le lundi, alors que la ville est désertée, le festival se transporte dans la ville voisine de Vergato où une version réduite et concise des spectacles précédents est proposée. Seuls les artistes participants la semaine suivante au Maspaloma Festival (Grande Canarie) sont présents.
C’est à l’extérieur du musée Etrusque de Marzabotto et dans le cadre d’un champ franchement moissonné que se déroule le dernier épisode. L’entrée est gratuite et le public local ce qui n’empêche pas les artistes de donner le meilleur d’eux mêmes. Le schéma est similaire ) celui de la veille. Chacun a droit à trois titres et la surprise de voir Spenccer Wiggins dans une forme qu’il n’avait pas les jours précédents. C’est aussi la possibilité de cotoyer longuement les artistes et de partager de rares moments de complicité. C’est ainsi que j ai pu avoir grâce à Ernie Johnson une conversation téléphonique avec Millie Jackson.

MARZOBOTTO

Photos courtesy & © Dave Thomas

Et puis, c’est aussi le traditionnel repas dominical des membres du Zocollo Duro (Le Noyau Dur) au restaurant La Pace. Comme à leur habitude Vito Asta et Antonio Novelli contribuèrent à mettre l’ambiance alors que John Ellison nous fit l’honneur de chanter a cappella à la fin du repas.

JOHN ELLISON AU RESTAURANT LA PACE


Videos : Jean-Claude Morlot

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