Dès l’origine Sweet Sweetback.. fut sous titré « Un Opéra ». Difficile en ce souvenant du film navire amiral de la blaxploitation comment imaginer, si ce n’est qu’avec une débauche de moyens, sa transposition scénique. Melvin Van Peebles en vieil habitué de la comédie musicale puisqu’il fut à l’origine de Don’t Play Us Cheap qui connut un succès certain à Broadway dans les années 70 à su intelligemment contourner le challenge qui se posait.
La création mondiale de cette pièce développée au cours des Salon Series de l’Apollo Theater d’Harlem et aux BRIC Arts/Media de Brooklyn eut lieu les 19 et 20 Février 2010 à la Maison des Arts.


Dés l’ouverture du rideau, le public comprend qu’il n’assistera pas à un « Opéra » traditionnel puisque la scène est entièrement dépouillée à l’exclusion de tout décor. Dans le coin gauche est installée une puissante formation de treize musiciens, Burnt Sugar The Arkestra Chamber sous la direction du guitariste Gregory S. Tate alors que la partie droite est laissé libre pour les comédiens. Difficile de parler de transposition, je préférerais employer le mot d’évocation. Certaines scénettes dans lequel se débat le héros, ici interprété par un remarquable Jeremiah, sont reconstruites en gardant le côté délirant de l’œuvre originale.


Il est évident que certaines comme les plus torrides sont évoquées de manière édulcorée. La fuite éperdue de Sweetback, fil conducteur, du film est illustrée de manière originale par une sorte de moonwalk très convaincant. Les éléments de décors qui sont composés de trois morceaux de cartons pour représenter une voiture de police ou un revolver font penser à une bande dessinée que Crumb aurait illustrée.
Mais la cerise sur le gâteau est la musique qui est tellement intense qu’il arrive parfois qu’on quitte le fil de l’action pour se concentrer sur elle tant les arrangements ont été écrits avec une brillante d’acuité pour retrouver l’esprit d’alors. Tout l’univers sonore de Melvin Van Peebles qui avait commencé dès 1969 avec Brer Soul est reconstitué à la perfection malgré ses presque quarante ans.
Et comme s’il était besoin de prouver que les ans conservent il est venu sur scène participer au rappel et prononcer quelques mots de remerciements au public.

Texte et Photos : JCM

Black Dynamite

January 27th, 2010

Black Dynamite est présenté comme un hommage parodique à la vogue Blaxploitation des années 70. Le problème qu’ont eu à résoudre les producteurs et réalisateur était de se moquer avec émotion de films qui, déjà en leur temps, étaient à la limite de la caricature. Le sujet du film, aussi fin qu’un lacet de chaussure comme c’était l’usage à l’époque, tourne autour de « vilains blancs » qui ont inventé une drogue qui réduit la taille du sexe des noirs. La même idée, dans le film « sérieux » Three The Hard Way (en France : Les Démolisseurs) développait l’idée d’un gaz découvert par une organisation néo fasciste qui ne tuerait que les noirs.
Autre exemple: Dynamite en fait des kilos de vanité et d’auto suffisance tout comme Rudy Ray Moore dans Dolomite à la différence prés que ce dernier ne pensait pas s’inscrire dans la caricature. Démonstrations qu’il n’y a qu’un pas pour que la parodie côtoie des originaux qui en valant leur pesant de celluloïd n’étaient pas sensés faire rire au second degré.
Donc dans ce cas difficile de faire original avec un sujet au contenu à la limite du genre.


Force est de reconnaitre que la reconstitution est fidèle. Les voitures sont d’époque. Il ne manque pas un millimètre aux plateform shoes et aux coiffures afro. Hélas, nous sommes sensés nous amuser avec un festival de lieux communs qui inondaient les séries B. j’ai bien peur que les auteurs à force de vouloir bien faire se soient pris les pieds dans le tapis.
A titre de comparaison réussie nous pourrions citer Don’t be a menace to South Central while drinking your juice in the hood (en France: Spoof Movie) qui parodie Boyz’n the hood, Menace II Society (entre autres) au point que certaines scènes sont reprises plan par plan. La réussite est certainement due au fait que Paul Barclay (réalisateur) et les frères Wayans aient pris du recul sur le sujet sans vouloir le copier pour en rire.
Enfin et pour terminer sur une note positive, je signale que la musique originale qui fait un copié/collé des clichés en vigueur en forme de clin d’oeil aux grands maitres est excellente.
JCM
La note de Soul Corner: 2/5

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La disparition de Teddy Pendergrass est aussi celle d’une grande voix de la Soul qui s’éteint.
Originaire de Philadelphie, il contribua à rendre célèbre le fameux « son ».
Formé à l’école du gospel, il devient dans sa jeunesse le batteur d’un groupe local The Cadillacs qui ne tardera pas à fusionner avec Harold Melvin and The Blue Note dont il deviendra le chanteur soliste.
Le succès vient très vite au rendez avec des titres comme If you don’t know me by me ou Wake up everybody. Il devint très vite évident que des problèmes relationnels intervinrent au son du groupe, d’autant que le nom du chanteur ne figure pas dans l’intitulé le reléguant derrière Harold Melvin.

La séparation est inéluctable. Il se lance dans une carrière solo que personne ne regrettera.
Libre de ses choix et de son avenir, il développe un personnage de sex symbol sachant attirer un public féminin qui le lui rendra bien. Sur scène, il chantait torse nu des textes torrides dont la célèbre trilogie Come go with me,Close the door, Turn off the light qui se termine en apothéose avec une inévitable conclusion : Do Me. Les vidéos du Hollywood Bowl en 79 et de l’Hammersmith en 82 sont symptomatiques de l’ambiance qui régnait. Les plus sages lui envoyaient des ours en peluche (son surnom était Teddy Bear) et les plus dévergondées leurs sous vêtements. Loin de ce côté anecdotique, Pendergrass était un authentique interprète à la voix chaude et ensorcelante.
En 1982, survient un accident de voiture en une compagnie d’une passagère à l’identité trouble, le cloue hémiplégique dans un fauteuil roulant. Diminué physiquement mais pas vocalement il signe alors avec Asylum où il retrouve le succès avec Joy et 2 A.M.
L’intégralité de ses enregistrements PIR a été rééditée par Ace Records.
JCM

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Nous apprenons aujourd’hui le décès de Willie Mitchell qui fut à l’origine de l’inimitable son de Memphis avec le label Hi. Son titre de gloire est d’avoir révélé Al Green et aussi d’avoir participé aux carrières d’Ann Peebles, Syl Johnson, Otis Clay ou encore O.V. Wright.
Mais il ne faut pas oublier qu’il était aussi un trompettiste renommé et qui connu le succès avec certains instrumentaux comme 30-60-90.

Récemment, il était encore en studio pour finaliser le nouvel album de Toni Green qui nous disait hier au téléphone ses inquiétudes sur son état de santé puisqu’il avait été amputé d’une jambe. Elle constatait avec tristesse qu’il n’avait plus le goût de vivre.
R.I.P.

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416 Project

January 1st, 2010

Porretta est un creuset musical où les affinités et les passions se croisent. Certains y rencontrent l’âme sœur, d’autres plus prosaïques se réunissent avec leur amour de la musique en commun. Un petit groupe s’est formé en marge du CIV Soul Band. Le résultat est une formation plus réduite pour une efficacité restée intacte. Et comme les chiens ne font pas des chats le fils Michaël Jacomino est le digne fils de son père qui n’hésite pas à payer de sa personne en s’éclatant comme un teenager au point qu’on se demande s’il y a une différence d’âge entre les participants !
Pour la petite histoire l’idée du projet est née dans la chambre 416 de l’hôtel Castanea de Porretta!

La vidéo que nous proposons en guise de cadeau de Nouvel An à nos lecteurs est une reprise de « Jungle Boogie » que Kool & The Gang ne devrait pas détester. D’autres vidéos sont également disponibles sur You Tube.
JCM

2010

December 29th, 2009

A Merry Soul Christmas and an Happy Blues Year aux lecteurs de Soul Corner.

Nous espèrons que vous continuerez à partager nos émotions et nos coups de coeur.

JCM

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Doctor Flavor

November 29th, 2009

Que se passe-t-il lorsqu’un collectif, Doctor Flavor, composé de la fine fleur de la scène jazzistique française ( Benjamin Hencoq, batterie, Tristan Bres, bassiste, Cedric Ricard, saxophone, Tahina Razafinaratsina, trombone, Joël Chausse, trompette, entre autres) s’attaque au funk et à la soul ? Le résultat est un album Infunxicated gorgé de groove et de rythme.
Si musicalement la comparaison ne fait pas la différence avec les musiciens d’Outre Atlantique par la précision des arrangements et des influences (riffs de guitare acérés, section de cuivres genre Orgues de Staline), elle est indéniable lorsqu’on appréhende la partie vocale. Il aurait été stupide de vouloir singer les voix noires et vouloir faire comme tel.

Je ne sais s’il y a de la part du collectif une volonté de se rapprocher de se qui se fait de mieux en Soul blanche. Toujours est il que Everything, Girl can you feel it lorgnent du côté de Jamiroquai tandis que Absolutely, Play the funk, The way I do rappellent le frisson de la découverte en 1995 des quatre blancs originaires de Caroline du Sud du groupe DAG qui avaient réussi à insuffler une large dose de funk dans un rock passablement édulcoré.
La conclusion est un album cohérent qui devrait dénoter dans la production actuelle française par sa volonté de ne pas reproduire à l’infini les clichés hérités et désormais éculés en matiére de reprise des années 70. Sans revendiquer une prise de position radicale qui voudrait renouveler le genre, il convient de reconnaitre l’originalité du propos. Les influences citées n’étant, de mon point de vue, qu’une convergence d’inspiration.

Sortie PIAS le 18/01/10

La Note de Soul Corner : 4/5

JCM

Sons d’Hiver 2010

November 21st, 2009

Le conseil général du Val de Marne organise comme chaque année du 29 Janvier au 20 Février 2010 le festival « Sons d’Hiver ».
On peut remarquer au travers d’une programmation aussi vaste qu’éclectique (qui passe du jazz à des célébrations consacrées à Bob Dylan ou Leonard Cohen) une volonté d’innover et de sortir des sentiers battus. C’est ainsi que Living Color et son célèbre guitariste Vernon Reid joindrons leurs forces à celles des Last Poets et son emblématique leader Umar Bin Hassan pour rendre hommage aux Black Panthers dans la création d’Emory Douglas Tongues of Fire.
(Théâtre Jean Vilar, Vitry sur Seine le 06/02/10)
Un autre hommage qui devrait être attendu est celui de Neneh Cherry à son père Don. La fusion entre la diva pop/rock/funk des années 90 et l’esprit free jazz de celui qui accompagna John Coltrane ou Albert Ayler devrait être un grand moment.
(Théâtre de Cachan le 29/01/10)
Tony Allen qu’on ne présente plus puisqu’il fut compagnon de route de Fela Kuti sera également de la partie
(Théâtre Romain Rolland, Villejuif le 12/02/10)

Mais le point d’orgue de cette suite d’événements sera sans nul doute la création mondiale de l’opéra de Melvin Van Peebles Sweet Sweetback’s Baadasssss Song inspiré par l’incontournable film éponyme qui fut à l’origine du phénoméne de la « blaxploitation ». Burnt Sugar the Archestra Chamber devrait remettre au goût du jour la musique originale d’Earth, Wind & Fire en y intégrant une orientation jazz farouchement revendiquée.
Nul Doute que Soul Corner rendra compte de ces intenses moments.
(Maison des Arts, Creteil les 19 et 20 Février 2010)
JCM

3ème soirée : dédiée à Michaël Jackson !
La première partie de la soirée est consacrée à des artistes locaux jusqu’à l’arrivée de Chris Tucker.
Quincy a en effet confié la présentation de la troisième soirée à l’acteur américain (qui joue dans “le Cinquième Element”, “Rush Hours”…). Celui-ci a soulevé l’hilarité du public par ses blagues, ses pas de danse et ses imitations de Michaël Jackson dont il était un ami très proche. Un veritable showman qui a assuré les transitions à la perfection…
Les Naturally 7 ont cette fois pu donner la pleine mesure de leur talent, sans être perturbé par la pluie du premier soir ! Ils nous ont gratifié d’un Billie Jean exceptionnel salué comme il se doit par un public enthousiaste.

Siedah Garrett, nous interprète avec émotion et talent, les deux morceaux qui ont marqué sa collaboration avec Michael Jackson : I just can’t stop loving you qu’elle a chanté avec lui en duo lors du “Dangerous World tour” et Man in the Mirror dont elle est co-auteur ! Elle rappelle au passage que c’est avec ce morceau qu’elle a pu construire sa maison…
C’est une très bonne interprète et sa voix est remarquable ! Là encore, le public est très très chaud…
Arrive John Legend !

Cet artiste est accueilli par un public survolté qui connaît et réclame ses tubes ! S’accompagnant au piano remarquablement, il nous gratifie de quelques airs magnifiques, comme Ordinary people, et Save room. Quelle voix ! Je connaissais mal et je dois dire que cela a été la révélation de la soirée !

Le festival finira par une interpretation de Thriller par Siedah Garrett entourée d’un ensemble de danseurs “zombies” et la projection du clip de M.J sur grand écran !

Merci Mr Quincy Jones pour ce plateau unique et ces trois merveilleuses soirées !

J’ai appris que ce festival avait reçu en 2007 : les O’Jays, Lionel Richie, Smokey Robinson et Earth, Wind & Fire…Hélas je ne connaissais pas encore le lieu…Il faudra surveiller la prochaine édition…

Ma seule déception est de ne pas avoir pu approcher les artistes tant la surveillance était grande. Pas d’autorisation de filmer…On était loin de la convivialité d’un certain festival en Italie… Mais tout le monde sait qu’il n’y a qu’un seul Porretta !!!!

JF Jacomino

2ème soirée :
Quincy Jones Big Band / Patti Austin / James Ingram / Michael Mc Donald / Kenny Rogers

Quincy a amené dans ses bagages un fabuleux big band dont le line-up n’a malheureusement pas été communiqué.

Parmi les musiciens, on pouvait reconnaître toutefois, Greg Philinganes (keyboards) , Paul Jackson Jr (gt) , et Steve Ferrone (dr)…donc, une section rythmique d’enfer ! A un big band complet enrichi par quatre choristes, se sont ajoutés suivant les morceaux une section de cordes, un choeur gospel et meme un ensemble de percussionnistes lors de l’interprétation du célèbre Manteca.
Plus d’une trentaine de musiciens étaient sur scène ! Exceptionnel !
Tous ces musiciens allaient accompagner tout au long de la soirée des artistes que l’on voit trop rarement en Europe…
Patti Austin a ouvert le feu !

Je ne l’ai pas reconnu physiquement tant elle a minci. Par contre sa voix est toujours la même : ex-cep-tion-nelle !!! Trois morceaux qui passent bien trop vite à mon goût et débarque sur scène…un de mes chanteurs préférés, James Ingram avec qui elle chante : How do you keep the music playing : Waouh ! Quel duo…C’est la perfection !

James a lui aussi une voix et une présence exceptionnelles.
Ne l’ayant jamais vu sur scène, j’ai découvert son sens de l’humour et sa présence scénique pour le moins originale…Ingram hurlant son amour, au micro, couché par terre, sous l’hilarité des choristes !

Trois morceaux qui passent tout aussi vite et un nouveau duo de folie entre James Ingram et… Michael Mc Donald sur le célèbre : Ya Mo be there .
Michael Mc Donald a une voix tout aussi exceptionnelle et interprète trois de ses tubes dont le magnifique What a fool believes en s’accompagnant magistralement au piano.

Nouvel artiste sur scène : Kenny Rogers. Stupéfaction pour moi, le public connaît ses chansons par coeur et lui réserve un véritable triomphe. Je me suis demandé ce que pouvait bien venir faire ce chanteur country dans le contexte “Soul” de la soirée…J’ai apprécié toutefois sa simplicité et son contact très chaleureux avec la foule.
Puis arrive le grand moment instrumental de la soirée : Quincy Jones met son band à l’honneur avec quelques morceaux dont le légendaire Killer Joe

Quincy conclut la soirée en rappelant tous les artistes pour une interpretation remarquable du tube de Michaël Jackson We are the world ! qu’ils avaient tous enregistrés avec Michaël lui-même…Le fil conducteur avec Kenny Rogers m’est apparu à ce moment-là !!!

Lors de cette soirée, une personnalité locale, Bermuda’s Premier Dr. The Hon. Ewart F. Brown , a remis au génial compositeur-producteur-arrangeur, le trophée : «the African Diaspora Heritage Trail Award » pour ses « lifetime contributions to culture and humanity ».
Soirée en résumé inoubliable et pour moi la meilleure des trois!!!!


JF Jacomino