La traditionnele journée gratuite et en plein air se déroula le 28 Avril à Memphis. Ce fut l’occasion de voir ou de redécouvrir certaines gloires du mythique label Stax. Toni Green nous a envoyé quelques photos de l’événement.
THÉ MAD LADS(Richard “Dickey” WILLIAMS, William “Chilli Bill” RANKINS, John Gary Williams, & Freddie Durham) CHILLI BILL(MAD LADS/ First & second ténor BARITONE; BEN CAULEY(BAR KAYS/ TRUMPETEER
Thé ASTORS!! THEY HAVENT PERFORMED TOGETHER IN FORTY YEARS!!!The ASTORS groupe mythique dont les membres n’avaient pas chanté ensemble depuis 40 ans !
William Bell & Toni Green en duo
Texte: Jean-Claude MORLOT
Photos: 1à3 Toni Green 4&5 : DR
Le sympathique festival de Valbonne se tourne de plus en plus vers la Soul et monte en puissance par la qualité de ses invités.
Samedi 11 mai sera à marquer d’une pierre blanche puisqu’il permettra d’applaudir un artiste aussi talentueux que rare dans l’hexagone. Franck Mc Comb (neveu de Liz pour la petite histoire) possède un style classique rare dont le moindre compliment est d’être comparé à Donny Hathaway (voir à ce sujet ses propos recueillis en 2000 pour le numéro 160 (épuisé) de Soul Bag).
Le concert se déroulera à guichets puisque toutes les places disponibles ont été distribuées.
La Fête de la musique sera l’occasion de retrouver celle qui l’avait enflammé l’an dernier. La Memphis Queen of Soul Toni Green a accepté de revenir en France pour un concert unique. Pour ce faire, elle a procédé à de nombreux changements dans un répertoire qui n’était composé que de classiques de la Soul pour y intégrer de petites pépites ainsi que quelques compositions personnelles. N’en disons pas plus car la découverte sera à la hauteur de la surprise.
Rendez vous le 21 Juin au Pré de l’Hôtel de Ville de Valbonne. L’entrée est gratuite.
De larges compte rendus seront publiés dans ces colonnes puisque Soul Corner est partenaire de l’événement.
La programmation définitive pour 2013 orésentée par son directeur artistique Graziano Uliani annonce la venue de Mitty Collier, chanteuse connue pour son heure de gloire chez Chess Records mais qui au grand dam des purs et durs du R’n'B se consacre désormais exclusivement au gospel. Elle sera ralliée dans cet exercice par Calvin Bridge.
Le succès recueilli l’an dernier par David Hudson ainsi que son incroyable dynamisme sont certainement à l’origine d’un retour plébiscité par le public.
Il en est de même pour Toni Green qui fera sa quatrième participation à la demande générale y compris celle des habitants et les commerçants de Porretta.
Nous aurons également le plaisir de découvrir la jeune Falisa Jamaye originaire du Mississippi et de retrouver notre ami Charles Walker et ses Dynamites.
Ici en compagnie d’Eric Starczan (General Electric) lors d’une soirée privée en Sicile.
En complément de programme la Sax Gordon Revue l‘Osaka Monaurail. et Brooklyn Soul Stew à ne pas confondre avec Brooklyn Funk Essential puisque les premiers sont suédois tandis que les seconds revendiquent leur origine new yorkaise.
Mais cette 26iéme édition devrait source de grandes émotions avec la prestation de la Bobby Rush Revue qui est annoncé en grande formation y compris ses danseuses. L’ambiance risque d’être torride en ce Dimanche soir de clôture où le style du « chittlin’ circuit » s’imposera avec toute la sympathique démesure qui s’impose !
Il y aura rivalité parce que le jour précédent aura vu la rare visite européenne du géant de la soul de Miamii : Latimore. Un moment que beaucoup d’amateurs attendent avec impatience d’autant que sa derniére prestation parisienne remonte à plus de vingt ans.
Je me souviens qu’il y a presque dix ans que Joe Castellano lançait son Blues & Wine Soul Festival qui se déroulait en Sicile aux pieds des temples deux fois millénaires d’Agrigento. Ce festival qui dura cinq années fut l’occasion d’y applaudir des artistes internationaux comme Millie Jackson, Kool & the Gang, Howard Tate, les Blues Brothers, Kid Creole, Charles Walker etc.. et etc tant la liste est longue. La torpeur de la nuit était agrémentée de dégustations de spécialités locales. Mais Castellano en manager avisé avait aussi organisé son festival aux fins de promouvoir aussi son propre orchestre.
J’ai déjà écrit tout ce que je pense de lui (voir les archives du site) jusqu’à savoir convaincre certains musiciens américains à venir renforcer sa formation en allant même jusqu’à recruter le français Eric Starczan (maintenant avec General Electric) repéré avec Tony Coleman.
Le festival semblant être arrêté, Joe Castellano se concentre sur une tournée estivale annuelle qui écume l’Italie et la Sicile. Le premier double CD Blues and Soul With My Latin Side chroniqué ici est le reflet de celle de 2008.
Force est de constater que Castellano n’a pas lésiné sur les moyens pour épauler ses musiciens italiens puisqu’il aligne seize musiciens dont Roy Roberts, Sax Gordon, Waldo Weathers et le guitariste Chris Cain. Les instrumentistes locaux étant réputés pour leur qualité, il va sans dire que l’osmose est parfaite. Comme on n’est jamais servi que par soit même ce premier double CD comporte sur les quinze titres neuf signés Castellano. Ce qui n’est pas gênant puisqu’ il possède un sens de l’écriture et de la mélodie original. L’idée innovante est d’avoir demandé à ses invités américains de les interpréter. C’est ainsi que Roy Roberts impulse son énergie et son inventivité dans Lonely and Free (que je considère comme étant la meilleure composition de Castellano) alors que le chanteur de gospel Simone Deis, originaire de Brooklyn interprète Sad Blues ainsi que Let me drive. Et puis lorsqu’on a sous la main deux compagnons de route d’Otis Redding et de James Brown (Roy Roberts pour le premier et Waldo Weathers pour le second) comment se priver de medleys hommage? Le choix des titres est des plus classique de Dock of the bay à Papa’s got a brand new bag en passant par l’inévitable Sex Machine. Les seize musiciens et choristes dont six cuivres apportent le dynamisme nécessaire à un groupe qui semble avoir désormais trouvé sa maturité.
Changement d’attitude pour le second double live Soul Land puisque ne figurent que sept compositions Castellano parmi les vingt deux titres présents. A retenir parmi celles ci The King is Alive émouvante ballade hommage à Solomon Burke au remarquable solo de saxophone d’Ed Wynne et la tendre Juliette écrite pour fêter la naissance de sa fille.
S’agissant de différents titres issus des tournées siciliennes et italiennes s’étant déroulées en 2010 et 2012, il est difficile d’évoquer tous les musiciens pour la plupart américains qui s’y produisirent. Les deux chanteurs Gordon Metz et Cedric Ford tiennent le haut du pavé en assurant la plupart des titres dont l’ensemble ressemble à un « Best of Soul ». C’est ainsi qu’il est surprenant de découvrir une version assez originale de Let’s Get It On transformé en duo entre Cedric Ford et Gavin Christopher.
Un Gavin que l’on retrouve encore en duo avec la chanteuse italienne Daria Biancardi dans une impressionnante reprise du tube de Whitney HoustonSaving All My Love For You. Elle semble toutefois plus à l’aise dans les titres lents que dans les uptempo qui manquent de tessiture soul dans la voix. Et ce ne sont pas les versions de Tell Mama et de Bad Girls qui me démentiront.
Il n’empêche que la cohésion et la parfaite mise en place de l’ensemble des chanteurs et musiciens développent grâce aux arrangements originaux de certains classiques une énergie communicatrice.
Cet album est nominé aux Handy Music Awards de Memphis. Il ne reste plus qu’à lui souhaiter bonne chance.
Ces deux albums sont disponibles sur CD Baby et Amazon. Joe Castellano rends compte régulièrement de l’actualité de son groupe sur le compte Facebook de Soul Corner
Texte : Jean-Claude MORLOT
Photos : Courtesy Joe CASTELLANO
Mais Porretta c’est, hormis le fait d’être sûr d’écouter de la musique de qualité, retrouver les amis rencontrés au fil des ans. Le noyau dur est constitué de membres fondateurs du festival.
Les repas à La Pace chez les sœurs Corsini (Anna, Rita et Teresa) n’engendrent pas la mélancolie ! Et c’est ainsi qu’une tradition s’est instaurée le Dimanche midi où nous convions les artistes qui le souhaitent à partager notre repas qui devient une fête qui attire les badauds qui s’agglutinent devant les vitrines du restaurant. La tradition n’avait pas failli car nous avions The Bar-Kays, Otis Clay, David Hudson et John Gary Williams à notre table. Inévitablement, Graziano Uliano est venu partager le gâteau du 25iéme anniversaire et en profita pour faire un petit discours.
Porretta, c’est aussi David Hudson qui débarque avec ses bandes orchestrales au pub Il Califfo pour un mini set improvisé.
Porretta, c’est aussi la visite obligatoire à Michele qui dans son restaurant Le Salette propose une excellente cuisine à base de fruits de mer exclusivement composée de produits frais sans aucun congelés à un prix très abordable au regard de la regard de la qualité.
Porretta, c’est aussi Graziano qui accepte plutôt que de se voir envahir la scène par les grévistes de SAECO (par ailleurs sponsor les années passées) de leur laisser libre parole pour dénoncer leur lutte contre la délocalisation de leur usine à l’étranger.
Et puis Porretta, c’est aussi cette redoutable rumeur qui circule. Aurions nous assisté au dernier Porretta Festival. Dave Thomas, qui n’est pas un colporteur de ragots, s’en fait l’écho sur le site de la revue anglaise IN THE BASEMENT et précise même que Graziano lui a indiqué qu’il se donnait plusieurs semaines de réflexions avant de décider s’il continuait l’an prochain. (A ce jour le site officiel de Porretta est silencieux sur le sujet)
A bien y regarder de près, certains signes semblaient avant coureurs Il y eut le Dimanche l’inauguration de la plaque au Rufus Thomas Park qui mentionnait « May Soul Music Live Forever », puis durant le dernier soir la remise pléthorique de médailles aux membres fondateurs du festival. Et enfin, la déclaration énigmatique de Rick Hutton qui présenta Graziano comme étant » celui qui a permis tout ceci »
Je me suis rendu compte, pour avoir discuté avec plusieurs commerçants de ma connaissance, que la situation économique semblait, comme dans le reste de l’Italie, critique à Porretta. Les optimistes de l’an passé étaient devenus pessimistes.
Quoique qu’il en soit, que l’issue soit positive (ce que tout le monde souhaite) ou négative il faut reconnaitre à Graziano malgré son obstination à se concentrer sur le son de Memphis le mérite d’avoir remis sur le devant de la scène des artistes qui pour certains ne l’avait pas connue depuis longtemps. Et ils lui en sont reconnaissants.
Texte et Photos : Jean-Claude MORLOT
LES PHOTOS DE CES DEUX DIAPORAMAS SONT LA PROPRIÉTÉ D’ANNE DE COLBERT ET NE PEUVENT ÊTRE REPRODUITES SANS SON ACCORD ÉCRIT
THE PHOTOS INCLUDED IN THESE TWO DIAPORAMAS ARE OWNED BY ANNE DE COLBERT AND CANNOT BE REPRODUCED WITHOUT HER WRITTEN APPROVAL
Le Dimanche est désormais consacré à la Memphis Rhythm and Blues Show and Revue. Cette année la formulation était un peu galvaudée puisque se produisaient également des représentants de Chicago. La soirée commença par les inévitables australiennes Sweethearts of Soul qui, comme le Jeudi, furent meilleures musicalement que vocalement. Il est toutefois consternant de noter alors que le film The Sapphires passe actuellement sur nos écrans qu’il n’y ait que de blanches et pas une seule aborigène. (J’aurais certainement l’occasion de revenir sur ce film qui sans être une œuvre impérissable n’en demeure pas moins intéressant sur un des aspects volontairement méconnu de la colonisation européénne de l’Australie)
Mais il était temps de passer aux choses sérieuses. The Bo-keys démarrent avec Just Chillin’ extrait de leur nouvel album Got To Get Back ! Ben Cauley vient chanter I’ve Never Found A Woman puis s’en retourne rejoindre la section de cuivres.
John Gary Williams commence par une courte introduction accapella avant d’interpréter son premier succès I Don’t Have To Shop Around qu’il enregistra au sein des Mad Lads. A l’évidence, sa performance ne fait que reprendre celle du Vendredi puisqu’il continue avec …Damn World. Il n’y a pas lieu de s’en plaindre d’autant qu’il ne cède à la tentation de la facilité de reprendre des titres usés jusqu’à la corde.
Trois petits tours et puis s’en va pour céder la place à David Hudson qui va utiliser la même recette en annonçant carrément la couleur puisqu’il indique qu’il va reprendre l’essentiel de son show du Vendredi. Ce qui ne l’empêche pas d’improviser en faisant participer le public durant Honey,Honey. Et puis, il y eut cet impitoyable retour aux sources avec Try A Little Tenderness.
Et la révision générale continue avec Syl Johnson. Il semble trouver un plaisir certains à distiller ses vieux titres funk comme Sock It To Me qu’il transforme en hommage à James Brown allant jusqu’à demander à l’orchestre de jouer 21 fois le riff de I Feel Allright. Sa présence sur scène semble le galvaniser et lui donner l’énergie dont il a besoin. Mais certains signes ne trompent pas. Il est très amaigri, a du mal à mettre la bretelle de sa guitare autour de son épaule au point que les musiciens s’en inquiètent.
Otis Clay enchaîne, comme la veille, avec Trying To Live My Life Without You. Il est tellement à l’aise et au sommet de son art qu’on ne lui reproche ce type de redites dont il ne se prive pas. La superbe ballade pleine d’émotion Finally Got Over You lui permit d’offrir au public captivé un grand moment de Soul tandis qu’il termina son court set sur une rythmique plus enlevée avec son nouveau single I’ve Got To Get Back (To My Baby). Ses deux prestations hélas trop courtes furent choisies par beaucoup comme étant les meilleurs moments du festival.
Sans surprises, l’essentiel du show des Bar-Kays était composé de classiques Stax (Sweet Soul Music, Knock On Wood, Hold On I’m Coming etc...)Les seuls moments originaux fut lorsque le guitariste Ezra Williams interpréta Purple Rain qu’il déclara avoir chanté devant les troupes américaines en Irak et surtout le passage au funk avec le célèbre Freak Show ainsi que I Want To Take You Higher.
Et comme c’est désormais la tradition de fin de festival ils furent rejoints par tous les artistes pour une jam géante qui se transforma en hommage à Otis Redding avec David Hudson, Otis Clay, Syl Johnson dans une version personnelle de Dock Of The Bay.
La soirée fut ponctuée par une suite de remises de prix pour certains membres fondateurs, aficionados italiens, et piliers du festival ainsi que pour la revue anglaise In The Basement. L’atmosphère était étrange comme celle d’une fin de règne. Mais j’y reviendrai dans les « Off de Porretta ».
Texte et Photos Jean-Claude MORLOT
Photo d’Ezra Williams : Leonardo LANDI
Diaporama : Anne de Colbert
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Le Samedi est traditionnellement le point d’orgue du festival tant en matière de nombre de public que d’artistes présents sur la scène. The Bo-Keys, où l’on remarque la présence du fameux batteur de Hi Records Howard Grimes démarrent tranquillement avec Soul Serenade qui comme l’a indiqué le présentateur Rick Hutton est une composition de Willie Mitchell même si la version de King Curtis est la plus connue. Arrive Otis Clay qui démarre très fort avec Trying To Live My Life Without You pour se laisser porter par la torpeur et la douceur de la nuit italienne pour se lancer dans une suite de ballades au fort potentiel émotionnel. Admirablement soutenu par les chanteuses Shontelle et Shanice Norman, il délivra une Soul puissante et intemporelle. Ce qui ne l’empêcha de terminer un court set de 45 Minutes avec quelques extraits, dont I’ve got to get (to my baby), de ses participations sur l’album des Bo-Keys.
Costume rouge vif, Syl Johnson entre en scéne. Il est amaigri et semble fatigué au point de s’asseoir souvent tandis qu’il essaie d’assurer vocalement alors qu’il a perdu de sa puissance comme lors de Different Strokes qu’il interprète après un long monologue sur ses déboires avec les rappers qui l’ont samplé comme Kanye West ou Jay Z. Il est évident qu’il est difficile de demander à un homme de 74 ans de retrouver la verve qu’il avait dix ans auparavant au même endroit. Je ne sais pas si la réédition de ses vieilles faces par The Numero Group lui a donné envie de reprendre des Sock it to me à la manière de James Brown mais il semble trouver un malin plaisir à les revisiter. Et puis, comment ne pas rester insensible à Is It Because I’m Black qui est à mes yeux l’un des plus émouvants textes concernant la condition raciale. Porretta 2012 semblait être sous le signe de Hi Records dont la figure emblématique Willie Mitchell est décédée l’an dernier. Il était donc normal qu’il termine avec Take Me To The River qui donna l’impression que son énergie avait été galvanisée par l’accueil du public. Fort de ceci, nous lui pardonneront d’avoir cédé à la facilité en interprétant lors du rappel un interminable Sweet Home Chicago même si sa sortie de scène fut laborieuse après un long discours sur les mérites comparées de l’Euro et du Dollar !
La soirée n’était pas terminée puisque The Bar-Kays devaient la clôturer. Contrairement à la formation alignée en 2001, il ne subsistait qu’une portion congrue constituée de Larry Blackmon et de James Alexander auxquels avait été rajouté le vétéran Ben Cauley. Alors que le groupe est réputé pour son funk agressif (voir Freak Show) il se contenta d’égrener les tubes Stax et plus particulièrement ceux d‘Otis Redding au point que cela se transforme en une sorte de fête païenne en hommage à l’artiste disparu avec une participation inattendue de Robin Mc Kelle qui en fit des tonnes alors que les choristes étaient d’une discrète efficacité. Le public est comblé, le véritable amateur de Soul l’est moins. Hormis l’incontournable Soul Finger, Son Of Shaft qui clôtura le show sera la seule intrusion funk du groupe
Texte et Photos : Jean-Claude MORLOT Photo de Larry Blackmon: Leonardo LANDI
Le vendredi est la plupart du temps réservé aux formations locales. Cette année c’est le groupe Soul Stirrring Sound qui eut l’honneur de démarrer cette 25iéme édition. Il faut saluer la démarche qui consiste à se concentrer sur des compositions originales plutôt que d’enchaîner les classiques de la Soul. Musicalement, et comme c’est souvent le cas en Italie, c’est carré et la section de cuivres est pêchue. La chanteuse est efficace et convaincante mais on pourra toutefois lui reprocher un anglais trop imprégné d’accent italien. The Real Mother Funkers est un groupe essentiellement féminin qui démarre bien évidement avec le titre de Johnny Guitar Watson Real Mother For You tandis que les reprises comme celle de Superfly ou de I Want To Take You Higher n’apportent pas grand chose. Le final sera un peu pénible car plomber la batterie ne signifie pas nécessairement faire du funk. Les australiennes The Sweetheart Of Soul ne sont pas des inconnues à Porretta puisqu’elles y viennent souvent. Et cette année débarquent à 34 ! Avec un tel nombre, il aurait été dommage que les arrangements ne soient pas ambitieux. Dommage que les voix soient trop juvéniles et trop approximatives et surtout pas Soul du tout. Au point que I Heard It Through The Grapevine en devient méconnaissable.
Le Vendredi ne commença pas mieux avec le groupe turinois Me & Mrs Winehouse. Silvia Zambruno qui présente le même look que la chanteuse décédée semble être plutôt une imitatrice qu’une chanteuse tant ses interprétations sont approximatives et son anglais plus que limite. Plus inintéressant que l’original Il fallait l’oser et surtout vite passer à la suite.
Le niveau supérieur est vite atteint l’arrivée de l’orchestre de Robin Mc Kelle et son excellent saxophoniste Mike Tucker. Elle s’impose d’emblée avec une lecture personnelle et originale de Tell Mama mais ne semble pas être tentée de s’aventurer plus loin dans un registre soul puisqu’elle excelle dans le créneau de la ballade bluesy un peu à la manière de Sade. Nous serons vite rassurés qu’il n’en est rien lorsqu’elle se rattrape ensuite avec une version musclée de Walk On By qu’elle termine à la James Brown, et lors d’ une plus émouvante de I’d Rather Go Blind ! Son show se termina en apothéose avec To Love Somebody en option survitaminée.
Puis le festival pris définitivement son envol avec l’arrivée des Bo-Keys. On ne peut pas dire que ce soit très original puisqu’il s’agit d’un parfait copié/collé des sons Stax et Hi des sixties et des seventies. Il n’en reste pas moins qu’avec une rythmique solide et la puissance fulgurante des cuivres que l’impression est parfaite. Le musicien invité n’était autre que Ben Cauley ( le seul Bar-Kays survivant du tragique accident d’avion dans lequel périt Otis Redding) qui paradoxalement vient pour chanter These arms of mine avant de retourner dans l’orchestre. L’un des membres fondateurs des Mad Lads, John Gary Williams fait son entrée. Le groupe fortement influencé par le doo wop des fifties enregistra pour Stax des albums qui privilégiaient les harmonies vocales à l’instar des méconnus Temprees. Il possède encore la ferveur de chanter lorsqu’il reprend un de ses vieux succès Come Closer To Me ou encore I Don’t Have To Shop Around dont il distille la délicate mélodie désormais rétro. Et il termina avec I Believe That This Damn Old World Is Going Crazy qu’il enregistra en solo. David Hudson splendide dans un costume jaune paille et chemise, chaussures vert pomme est le parfait clone d’Al Green. Ses reprises de Let’s Stay Together, God Bless Our Love ou Love and Happiness n’apportent rien de nouveau mais l’intensité de l’interprétation et l’émotion dégagées forcent l’admiration. En parfait showman, il se mit à improviser en citant l’inspiration reçue de Jerry Butler. Fort heureusement il ne consacra pas tout son temps à rendre hommage aux autres puisqu’il repris un titre enregistré pour TK Records Honey, Honey. Et le show se termina dans la pure tradition de Porretta avec Try A Little Tenderness.
Texte et Photos : Jean-Claude MORLOT Photo de Silvia Zambruno : Leonardo LANDI